Amélie, une jeune femme belge, vient de terminer ses études
universitaires. Sa connaissance parfaite du japonais, langue qu'elle
maîtrise pour y avoir vécu étant plus jeune, lui permet de décrocher un
contrat d'un an dans une prestigieuse entreprise de l'empire du soleil
levant, la compagnie Yumimoto. Fascinée par la hiérarchie d'entreprise
japonaise, précise et méthodique, la jeune femme l'est d'autant plus
par sa supérieure directe, l'intrigante et fière Mademoiselle Mori.
Pourtant, Amélie va rapidement déchanter à la découverte d'une
culture qu'elle ne connaît absolument pas. Ses fréquentes initiatives
sont régulièrement sujettes aux réprobations de ses supérieurs. Face à
cet acharnement, la jeune femme se plie à leurs exigences.

Curieux film centré sur cette jeune belge affrontant les régles
japonaises contre vent et marée. Il faut dire que lorsque les souvenirs
d'enfance reviennent éblouir nos pensées, il est difficile de ne pas s'y
replonger. C'est tout juste l'état d'esprit d'Amélie, elle continue à vivre
sur la fascination qu'a excercé sur elle le japon ou elle a habité jusqu'à
l'âge de 5 ans .
Adulte, elle retourne au japon mais sa motivation ne suffira pas à
convaincre ses collégues sur ses bonnes intentions parfois maladroites
aux yeux des japonais. La confrontation avec la réalité sera cruelle,
dévastatrice . Il faut dire que cette occidentale sera le prétexte pour
ses chefs à un défoulement et une humiliation constante. On se permet
avec elle des comportements atypiques qui passeront par des
épreuves psychologiques . Dés son arrivée, elle est mise sous régime
kafkaien, du travail sans travail, des tâches répétitives
inutiles...Etonnement, amélie essaie de comprendre, de se corriger et
sa fascination pour les japonais ne faiblit pas. Sa supérieure
hiérarchique reste pour elle une source de beauté quotidienne dont elle
saisit la magnificence à tout instant et quelque soit l'humeur de celle ci.
Car Amélie garde l'âme rêveuse et ses pensées diffusent une poésie
tranchant avec l'atmosphére délétère du lieu.
La moindre fenêtre l'apelle et elle plonge, vole dans la ville, profite de
tout ce grouillement de lumiéres ,de vie car cette élévation reste sa
seule manière de dominer ce lieu magique et de renouer avec les
souvenirs de son enfance.
Son apprentissage, son attachement aux valeurs japonaises, pourtant
source de désarroi, restera jusqu'à la fin de son année et gagnera la
faveur et le soutien de nombreux collégues même si il se manifestent
indirectement.
Bien sûr, les incompréhensions, aussi terrible puissent elles être,
bénéficient au coté burlesque du film.

La référence au film furyo se révèle pertinente. L'entrechoquement des
modes occidentaux et orientaux agissent dans un va et vient
d'attirance et de répulsion, le désir des 2 femmes l'une pour l'autre ne
s'exprime pas de la même maniére mais son intensité envahit l'écran
durant tout le film.
Corneau rend ainsi une vision éblouissante de ses 2 formes de beauté
et signe une belle réussite car à coups sûrs, il ne s'est pas trompé sur
ses acteurs et actrices et particulièrement sylvie testud qu'il déshabille
pudiquement dans la pénombre d'un bureau désert rendu à la beauté
féminine.
patrick (18/3/3) (comédie intelligente)