Viktor Taransky, réalisateur en mal d'inspiration, est lâché par ses
producteurs et son studio, suite au départ de son actrice principale. Il ne
peut donc terminer son film et se retrouve au chômage. Mais voilà qu'un de
ses fans, un ingénieur informaticien excentrique, sachant qu'il va mourir,
décide de léguer un logiciel révolutionnaire à Taransky, qui va lui permettre
de créer une actrice virtuelle. Grâce à elle, il finira son dernier film. Mais voilà
que le public, qui croit avoir affaire à une vraie actrice, s'entiche d'elle. Le
film est un succès. Viktor Taransky décide alors de tourner un nouveau film
avec elle...

C'est une vraie réussite. D'abord grâce au scénario très habile. Puis à
l'interprétation. La mise en scène, elle, reste sobre. On se demande qui a créé
qui. Au début cela semble clair. Pourtant petit à petit les réponses évidentes
se révèlent insuffisantes. Une des réjouissances du film est de voir le monde
d'Hollywood aussi remis en cause. En effet l'artiste ne compte plus. Ce sont
les investisseurs qui tiennent les rênes du système. Cela est clairement dit.
D'autre part on dirait que le public comble ses frustrations dans l'idolâtrie. Il
faut voir le détective du film fantasmer sur l'actrice. Surtout n'oublions pas
Al Pacino qui croit d'abord tout maîtriser, mais qui se laisse dépasser par ce
qu'il croit avoir créé. Car qui a fait de lui ce qu'il est ? Certaines scènes du
film sont à mettre dans les annales, comme celle où Simone donne une
interview télévisée, où elle dit tout le contraire de ce qu'on a l'habitude
d'entendre sur la cigarette, la couche d'ozone, etc. C'est un film sur
quelqu'un qui se dédouble, mais incapable d'assumer le double qu'il a créé.
Mais je laisse le soin aux spectateurs d'interpréter eux-mêmes le film, qui ne
cesse de fasciner quand on y repense.
Kader