Lee Holloway vient de sortir de l'hôpital, où elle avait été internée
suite à une dépression, due à des problèmes familiaux (en particulier
les problèmes d'alcool de son père). Elle retourne vivre dans sa
famille. Maintenant elle tente de retrouver une situation. Elle se
forme au secrétariat. Et elle est "courtisée" par un ancien camarade
de classe. Lee a tout de même encore quelques soucis : elle se
mutile légèrement le corps pour exprimer la douleur. Puis elle laisse
cicatriser. Sa vie va prendre un tournant quand elle est acceptée en
tant que secrétaire d'un avocat indépendant. Des rapports ambigüs
vont petit à petit se nouer entre elle et son employeur. Puis suite à
une fessée qu'il lui administre, et auquel elle a pris un certain plaisir,
Lee ne va cesser de chercher à contrarier son patron pour avoir
l'occasion de recevoir une nouvelle fessée...

Film qui surprend par un ton volontairement politiquement
incorrect. En effet ce que le film montre, c'est une histoire d'amour,
mais qui passe par des sentiments, des pratiques que les soi-disant
bien-pensants réprouveraient. L'héroïne du film, jouée
remarquablement par Maggie Gyllenhaal, veut trouver une stabilité
affective, mais son passé ne lui permet pas de trouver son
épanouissement comme la majorité des gens. Elle a besoin, à cause
d'une forte inhibition, de se faire mal. Puis elle se sent mieux.
Quand elle rencontre l'avocat, joué sobrement mais aussi très bien
par James Spader, elle se cherche encore. Or suite à une fessée qui
lui permet de se désinhiber car elle peut exprimer sa douleur, une
satisfaction intérieure naît et l'apaise. Il n'en faut pas plus pour
qu'elle en redemande. Mais l'avocat va-t-il se laisser aller à
poursuivre ce type de relation avec une de ses employées ? Bien sûr
que non. La morale réprime de tels actes. Et puis on ne sait pas à
quels débordements cela peut mener. Ce que n'avait pas vu venir
l'avocat, ce sont les sentiments réels que Lee va avoir pour lui. Et
là, le film prend une tournure étonnante et bienvenue. Il n'est plus
question de jeux pervers mais bien de sentiments amoureux entre
deux personnes, que l'on qualifierait de tordus, mais qui se sont
bien trouvés. Et ce message est un formidable pied-de-nez à toutes
ces comédies romantiques très lisses que les américains (et pas
seulement eux) nous pondent chaque année. Bravo à Steven
Shainberg d'avoir osé faire ce film.
Abdelkader (auteur ; 30/06/2003)