En 1876, le capitaine Nathan Algren vient de finir la guerre de
Sécession, où il reste marqué par les massacres perpétrés par
les siens envers les Peaux-Rouges. On lui propose une nouvelle
mission : se rendre au Japon former les soldats de l'Empereur,
qui essaie d'en finir avec un chef samouraï rebelle. Algren
accepte, fait le voyage et forme les soldats. Au bout de 6 mois,
on lui demande d'aller attaquer. Pourtant ses soldats ne sont
pas du tout prêts. L'attaque a lieu, mais c'est un vrai fiasco.
Algren est capturé et emmené prisonnier. Le chef samouraï
s'appelle Katsumoto. Il habite dans un village retiré dans les
montagnes. Algren comprend que cet homme est exceptionnel.
Entre eux se noue une amitié très forte. Le printemps revenu,
l'Empereur propose un pourparler avec Katsumoto. En réalité, il
tend un piège au chef samouraï pour le capturer...

Voilà un film hollywoodien qui tente de sortir du manichéisme
et du conservatisme ambiants. Sur le fond, il y parvient
aisément : tolérance, honneur, respect de l'autre, importance
des racines... Impossible de n'être pas fasciné par ce chef de
guerre rebelle, mais si charismatique (remarquable interprétation
de Ken Watanabe). En réalité, c'est un film qui se veut pacifiste.
Mais la folie des hommes, l'appât du gain, les intérêts
économiques et politiques, toutes ces choses obligent à des
compromis, qui amènent à des décisions totalement
inhumaines. Tom Cruise parvient aussi grâce à son jeu décalé,
mais non exempt de défauts, à manifester son désarroi intérieur,
son errance dans un monde qu'il ne comprend plus. Pourtant,
les valeurs des samouraï vont tout bouleverser. Et il prendra, ce
n'est pas une surprise, fait et cause pour les rebelles, contre le
pouvoir en place. Il tuera même lui-même le chef américain qui
commande aux côtés des armées japonaises. C'est donc bien
deux visions du monde qui sont devant nous, totalement
incompatibles. Parfois, le jeu de Tom Cruise frise le
cabotinage, lorsqu'il s'entraîne à devenir, par exemple, un
excellent manieur du sabre. Ou quand il ne cesse d'observer la
veuve d'un des samouraï qu'il avait tué avant d'être capturé. Sur
la forme, les images sont souvent à la hauteur (merci à John
Toll, qui avait déjà travaillé sur "la ligne rouge" et "Braveheart"),
mais le récit en fait parfois des tonnes avec sa musique épaisse
et sa tendance au larmoyant. Certes on prend vite position pour
les rebelles, et dans la dernière partie, les voir partir au combat
en devinant l'issue de la bataille dégage déjà une certaine
émotion contenue, mais malheureusement Edward Zwick
(probablement aidé de Tom Cruise, producteur) a préféré
insister. Alors on dira tout de même que le film a une grande
force, et nous permet d'assister à un vrai grand spectacle,
parfois gâché par un jeu d'acteurs approximatif et un excès de
sentimentalisme.
Abdelkader (aventure historique/action ; 18/01/2004)