C' est l'histoire d'un homme gros qui veut maigrir .Il le fait
pour éviter l'éclatement, pour séduire à nouveau, pour
renaître (re-né).
Entre le personnage et le comédien qui l'interpréte, il y a
toute la différences rencontrées dans un récit .

Comme le dit si bien le synopsis ,rené veut maigrir .On ne
sait pas trés bien si ce désir fait suite au départ de son
amie ou tout simplement si il a atteint les limites du
supportable. Le plan de départ mélange son passage chez
son fromager et la découverte de la lettre de rupture
scotchée indélicatement sur le poste de télévision. Lettre
qu'il peinera à ouvrir ,attendant la fin de son repas
gargantuesque, visiblement sonné, on devine la
dépendance des événements .
René aura toute les peines à accepter ce départ .Déjà, il ne
sait pas pourquoi et il n'abandonne pas l'espoir de savoir
,d'un retour....
Nous suivons donc rené dans son quotidien, celui de ses
spectacles qu'ils jouent devant les enfants des écoles avec
étienne, celui aussi des réunions joviales entre amis, des
attentes d'une nouvelle de son amie, mais aussi des
moments de soutien de son ex femme et de sa fille.
Mais Cavalier n'a pas oublié les moments de solitude,
quelquefois pénibles comme cette scéne de désarroi ou il
mime ses différents scénarios morbides pour en finir.
Comme le rapelle bien le film ,il s'agit de joËl lefrancois
dans un film d'alain cavalier. Et de ce coté le film remplit
parfaitement son rôle. Filmé comme un documentaire en
Dv, cavalier filme en amoureux son acteur. Aucune
parcelle de corps n'est épargnée .Les plans serrés des
parties de son corps donnent une impression trés intime
du corps de rené.Les plans sur son ventre sont étonnantes
de beauté ,rarement filmés sous cette angle, comme un
tableau . D'ailleurs ,cette impression fût deja à l'oeuvre
lors de la scéne du repas du début, les doigts filmés de
trés prés ,seulement les doigts.
C'est donc par ce biais que l'on rencontre rené , que ce
corps devient familier, peu à peu. Il en devient notre ami,
notre connaissance à nous. Car il faut bien le dire ,il
s'offre à nous .Un film d'étreintes, le sens du toucher
explicite, l'envie montré. Car si rené n'aime plus ce corps
énorme, les autres solicitent cet homme à l'alacrité
communicative.

Cette question de l'image surgit parfois pendant le film en
dehors de l'homme. Par l'intermédiaire de la scéne lors des
représentations théatrales, ou encore lorsque son amie se
filme pour justifier son départ "tu sens l'autre ,je ne peux
plus".
La mise en scéne rappelant le documentaire et ses succés
récents en salle donne une dimension supplémentaire aux
jeux époustouflants des acteurs. Une véritable lecon ,les
respirations, les temps morts sont autant de présence
dans le film et engendrent un sentiment d'amplitude, de
vérité sans ambiguité .
rené et ses kilos envolés ,offerts à son amie sous forme de
poids, continuent à nous accompagner bien aprés ce film.
cavalier confirme l'acuité de son regard sur les individus
et au même titre que bergman peut se targuer être
l'homme de la peau .