Samy, un jeune Franco-algérien, fuit la France pour échapper à la justice.
Il se réfugie chez son grand-père en Kabylie. Mais il ne parle pas la langue
du pays, tout lui est étranger, même les membres de sa famille : Nadia, sa
cousine enceinte et veuve, qu'Issam, un cousin expulsé de France,
déteste. Le grand-père vit dans le souvenir d'un bout de terre qui ne
produit plus aucune richesse. Samy ne donnera jamais le motif de sa
présence, mais le climat chaotique du pays ravivera le chaos qui est en lui.

Gael Morel ,avec son film, inverse la tendance dans le cinéma qui vise
plutôt à "envoyer" des immigrés vers la France pour les filmer sous tous
les tons...ici rien de tout ca, puisque Samy se retrouve catapulté vers le
pays de ses ancêtres non par la justice francaise mais par son pére. De la
France, on ne verra pas grand chose ,excepté le temps de la bêtise de
Samy et celui de la douloureuse prise de conscience de son acte. Et gael
morel s'y arrête avec justesse, temporisant les accés de violence contre
soi lorsque le dégout vient frapper les tempes de la conscience.
Mais quitter un chez soi ne noie pas la souffrance surtout lorsqu'en guise
de famille originelle, on découvre des quasi inconnus aussi affectueux soit
il. Et Samy ne peut "s'oublier" lorsque la famille entiére traine elle même
de lourds fardeaux. Le grand pére, invalide, ne rêvant qu'à l'ancienne
fertilité de sa terre, sa cousine enceinte d'un mari décédé reconnu
terroriste et son cousin, filou, d'une lucidité troublante.
Et puis gael morel montre une population sur le qui vive entre hopitaux et
faux barrages policiers. La tension permanente, les contrôles policiers
fréquents, la liberté individuelle difficilement vivable... et puis Samy est un
étranger dans le pays de ses ancêtres et personne ne se gêne pour lui faire
remarquer, car le jugement des autres s'impose au delà des problémes de
Samy et la cause de la culture facile lorsqu'au contraire la causalité est
psychologique. Samy a donc besoin de respirer car il vit physiquement
ses moments de troubles,vomissements,évanouissements .
Alors ,en guise de respiration,Morel les emméne vers la mer pour une
baignade ou nous propose une marche dans les montagnes. Et ces
interludes apaisants trouvent l'occasion de vérifier un coté contemplatif
qui sied bien à Morel. On ne sait d'ailleurs vers quelle destination le film se
meut car ses alternances ont la maladresse de leur qualité, car cassant un
peu le déroulement de l'ensemble. Les moments musicaux sont en trop et
retirent de la véracité au film. Autres points négatifs, les acteurs manquent
d'épaisseur,un peu à l'abandon sauf nicolas cazale dans le rôle de samy.

Un film séduisant par la qualité de ses thémes, un courage politique
évident, un rendu des sentiments des personnages sans ambage mais un
peu brouillon dans sa réalisation. la substance de Morel est bien présente,
reste à l'exprimer avec plus d'ampleur et de cohésion.
patrick (auteur-16/5/03)