La grand mère de Jean Eustache fait le récit de son vécu à son
petit-fils qui la filme en continu.

le récit de 2 heures de la grand mère de jean eustache nous
emméne vers des contrées inconnues, celle de la france de la 1er
partie du xx em siécle. elle part du début du siécle pour remonter
dans le temps. L'impression curieuse d'un certain étiolage au fur
et à mesure de la remontée des années .
Les anecdotes s'enchainent, plutôt malheureuses sans que jamais
la grand mère ne perdent la mesure. Tout juste revient elle
plusieurs fois sur la mort de sa maman, perdue à 7 ans.
Jean eustache a choisi le dispositif minimum ,2 caméras pour
filmer sa grand mére, une table, 2 verres, un cendrier et une
bouteille de whyskies. On voit jean eustache de dos lors des
plans larges, enchainer les claps lors des changements de
bobines.
Les objets jouent aussi sur la table, la grand mère enchainant les
cigarettes, jean affairé sur son cigare, tandis que la bouteille
taquine le verre.
La vitalité de la grand mère rend le film nostalgique, même s'il ne
l'est pas dans le ton, l'invocation des disparus, la succession du
temps passant, touche forcément tout humain car il s'agit bien de
notre grand mère à tous et celle que l'on deviendra, lourdé de
tous nos souvenirs.
Jean Eustache souhaitait avec ce "numero zero" ,le temps du
nouveau cinéma, un retour au 1er film .Derriére ce dispositif
sommaire se cache une pensée cinématographique.
Quoiqu'il en soit , il marque à l'instar de ses autres films "le pére
noel a les yeux bleus" ou "la maman et la putain" l'instant des
choses, fige le moment présent comme peu et c'est avec un
certain pincement que l'on revoie ses 2 personnes si présentes
devant nous et disparues aujourd'hui.
patrick(7/2/3)

NUMERO ZERO

de jean eustache