A la fin du XIXe siècle, dans le Paris de la Belle Epoque, Christian, un jeune
poète désargenté, s'installe dans le quartier de Montmartre. Il découvre un
univers où se mêlent sexe, drogue et french cancan, mais se rebelle contre ce
milieu décadent en menant une vie de bohème. Christian rêve d'écrire une grande
pièce, et le peintre Henri de Toulouse-Lautrec est prêt à lui donner sa chance.
Celui-ci a besoin d'un spectacle grandiose pour le Moulin Rouge et le poète est
embauché pour rédiger le livret de la revue. C'est là qu'il tombe amoureux de la
courtisane Satine, la star du prodigieux cabaret...

Ce film n'a pas eu la reconnaissance qu'il méritait. Car en ce qui me concerne, je
l'ai trouvé somptueux. Décors, costumes, mise en scène, pour tout dire sur le plan
formel, c'est visuellement impressionnant. Ensuite n'oublions pas la musique,
reprise de tubes très connus, mais ici adaptés à un contexte. Et cet anachronisme
modernise l'époque désuète du récit. Car on peut le dire : cette histoire d'amour
impossible n'a de valeur que parce qu'elle est jouée par Ewan Mc Gregor (le
drogué de "Trainspotting", crédible) et surtout Nicole Kidman, au look d'une
sensualité qui décoiffe . Et bien sûr Baz Luhrmann, qui, rappelons-le, est
australien, veut aussi faire de ce "Moulin Rouge" un hommage à la poésie et aux
sentiments, loin du contexte matérialiste dans lequel nous vivons. Et il enrichit
son film de tas de références ("L'ange bleu" avec Marlène Dietrich, "Gilda"
avec Rita Hayworth, ou "Cabaret" de Bob Fosse, pour ne citer que ceux-là). Des
critiques ont dit : c'est un film artificiel, d'autres : beaucoup d'effets pour peu
d'émotion vraie. C'est possible. Mais quant à moi, je préfère insister sur cet
idéalisme qui nous forge, mais qui perd ses illusions. L'amour, nous dit ce film,
n'est pas éternel, mais, tout de même, le jeu en vaut la chandelle.
Kader