Viktor Navorski arrive à l'aéroport de New York. Alors qu'il passe au
contrôle, on le fait arrêter. Son pays vient de vivre un coup d'état. Cette
situation politique instable oblige le gouvernement américain à rompre
tout contact diplomatique avec le pays d'où vient Viktor Navorski. En
attendant que la situation de son pays se stabilise, Viktor Navorski n'a
pas le choix : il s'installe dans le terminal de l'aéroport de New York, où
petit à petit, il trouve ses marques. Il devra trouver sa place dans cet
univers fermé où l'on se méfie de lui...

Le dernier Spielberg est un peu décevant. Il faut dire qu'avec "Catch
me if you can" et surtout "Minority report", il avait mis la barre assez
haut. Si le film déçoit, c'est d'abord par une mise en place de la
structure du récit un peu laborieuse. Ensuite l'interprétation n'est jamais
convaincante. Passons sur Catherine Zeta-Jones, qui a trouvé là l'un
des pires rôles de sa carrière. Tom Hanks, lui, a du mal à nous faire
croire qu'il vient d'un pays de l'Est, avec son accent à coucher dehors
(j'ai vu le film en VF, donc la faute au doublage, mais pas seulement).
Si on attache de l'intérêt à l'histoire, c'est simplement par la compassion
qu'on peut ressentir pour ce pauvre Viktor qui est, un peu malgré lui,
prisonnier d'un système bureaucratique qui le dépasse. Alors on est
heureux de voir quelles solutions il trouve pour pouvoir manger
(d'abord il range les chariots à bagages, ensuite il devient entremetteur,
enfin il trouve un vrai job), et surtout se socialiser. Et grâce à sa
présence, il va créer des liens sociaux là où il n'y avait que routine et vie
ordinaire. De plus, Spielberg nous assène ses messages humanistes de
manière trop appuyée, là où la finesse aurait été préférable. Donc un
film pétri de bons sentiments, qui met en cause le système américain,
mais qui valorise le peuple américain. Andrew Niccol (scénariste de
"Truman show" et réalisateur de "Bienvenue à Gattaca") a écrit
l'histoire d'où le scénario a été tiré. Je suppose que s'il avait lui-même
réalisé le film, il en aurait fait une fable davantage philosophique.
Spielberg, lui, a préféré une soupe souvent indigeste. Dommage !
Ciné Phil (tragi-comédie ; 21/09/2004)