Pierre Morhange est chef d'orchestre. Or le jour d'une de ses représentations,
on lui annonce le décès de sa mère. Il va aux obsèques. Là il revoit l'un de ses
collègues de classe, Pépinot. Ils étaient ensemble dans un établissement pour
mineurs difficiles. Morhange, grâce à un journal que lui montre Pépinot, se
remémore alors son passé : l'arrivée de Clément Mathieu, le nouveau pion de
l'internat, qui ne veut pas utiliser les dures méthodes du directeur, Rachin.
Mathieu, lui, va essayer d'apprivoiser ces jeunes, dont certains sont orphelins
(cela se passe en 1949, et plusieurs enfants ont perdu leurs parents pendant la
guerre), par la musique, et la création d'une chorale...

Voici le genre de film qui respire les bons sentiments. Mais il faut reconnaître
que cela fait parfois du bien. Comme ici. Le professeur est interprété justement
par Gérard Jugnot, tout en finesse. Les autres acteurs, en particulier les jeunes
(mention spéciale au pathétique Mondain, très bien interprété par l'étonnant
Grégory Gatignol), parviennent à rendre crédible cette "fable" humaniste qui se
trouve entre le style "grand chemin" de Jean-Loup Hubert et "être et avoir" de
Nicolas Philibert (comme le dit le critique de Télérama). Le scénario est inspiré
d'un film français de 1945, "la cage aux rossignols" de Jean Dréville, avec Noël-
Noël. Il paraît que "les Choristes" est plus émouvant. Je n'ai pas vu la version
précédente, mais il est vrai que devant "les Choristes", on retient ses larmes.
Avec du recul, le film apparaît comme une oeuvre qui use de ressorts déjà
connus pour émouvoir. Mais ne faisons pas la fine bouche. En même temps
qu'un film émouvant, le film nous rappelle ce qu'était la vie des internats pour
mineurs après la guerre. Et on peut se demander comment était-ce possible de
rendre ces jeunes capables de s'intégrer dans la société. On y produisait
probablement de futurs délinquants. Donc un film fait pour le grand public, plein
de bonnes intentions, et heureusement qui atteint son but.

Ciné Phil (18/03/2004 ; comédie)