Durant la Seconde Guerre mondiale, Wladyslaw Szpilman, un célèbre pianiste
juif polonais, échappe à la déportation mais se retrouve parqué dans le ghetto
de Varsovie dont il partage les souffrances, les humiliations et les luttes
héroïques. Il parvient à s'en échapper et se réfugie dans les ruines de la
capitale. Un officier allemand, qui apprécie sa musique, l'aide et lui permet de
survivre...

Film magnifique de sobriété, qui traite d'un sujet grave, dont les personnages
sont parfois un peu caricaturaux, mais l'essentiel n'est pas là. Car autant le
dire, ce qui frappe, c'est de voir cette inhumanité constante, permanente de
situations, qui nous bouleversent, tel ce vieil homme âgé et handicapé, qu'on
jette froidement par une fenêtre sans raison, et que l'on voit s'écraser au sol la
tête la première, et l'on se dit : "Horrible !" ou "Atroce !" A côté de ça, il y a
la pureté d'être un artiste en lutte pour sa survie. Je regrette, en ce qui me
concerne, je n'ai pas vu un film académique, ou ennuyeux (il dure 2h 30). J'ai
vu un film poignant, sincère, bien réalisé, sur un épisode historique archi-
connu et rebattu (on se souvient de "La Liste de Schindler" de Spielberg). Et
l'on cherche partout un semblant de vie, là où il n'y a que misère et tentative
de survie, tel les scènes où l'on voit notre héros crevant de faim et se
nourrissant des dernières miettes de pain qui restent. Que va-t-il rester au fond
? La pureté de la musique, qui passe ici par les doigts, expression d'un hymne
à la pureté. Mais je dirai, pour finir, que malgré ce cauchemar, l'espoir est là,
parce qu'il y a quelque chose dans le coeur humain qui nous rappelle que,
quand on atteint le pire, ensuite on ne peut que remonter, rejoindre enfin les
monde des survivants, et alors on peut se dire : "Quoi qu'il advienne, je me
défends d'haïr la vie, mais je la défendrai coûte que coûte !" .
abdel