Xavier, un jeune homme de vingt-cinq ans, part à Barcelone pour terminer ses
études en économie et apprendre l'espagnol. Cette langue est nécessaire pour
occuper un poste, que lui promet un ami de son père, au ministère des
finances. Mais pour ce faire, il doit quitter sa petite amie Martine, avec qui il
vit depuis quatre ans.
En Espagne, Xavier cherche un logement et trouve finalement un appartement
dans le centre de Barcelone qu'il compte partager avec sept autres personnes.
Chacun de ses co-locataires est originaire d'un pays différent...

La date de sortie du film (juste avant la fête du cinéma) a été bien choisie,
puisque le film parle justement d'un étudiant ayant obtenu sa maîtrise, et qui
cherche une place dans la société. Grâce à l'ami de son père donc, il a une
place garantie au Ministère de l'Economie et des Finances. Mais avant
d'acquérir cette fameuse place, il doit apprendre l'espagnol, langue
indispensable pour son futur poste. Il ira en Espagne, à l'université de
Barcelone pendant un an...
La scène, au début, où notre étudiant cherche un dossier Erasmus, est
rigolote, nous rappelant combien parfois notre administration est sclérosée.
Mais reconnaissons que l'ambiance des bureaux au Ministère est caricaturée à
l'extrême. Les meilleures passages du film sont ceux qui se déroulent à
Barcelone, ville que filme Klapisch avec talent. Et puis il y a cet appartement
partagé à plusieurs, qui, paradoxalement, laisse passer un message pro-
européen, mais démontre aussi combien nous sommes entrés dans une ère
excessivement individualiste. Ce qui concerne la vie affective de ces jeunes
préoccupe peu le réalisateur, même celle de son héros, lâché d'une part par sa
petite amie, ensuite quitté par son amante mariée ; dans les deux cas les
circonstances sont douloureuses, et on y croit, mais ensuite plus rien.
Comme si ces jeunes, d'après Klapisch, ne sont pas encore prêts pour la vie
en couple. Leur insouciance rappelle "Le péril jeune", précédent film de
Klapisch.
Reste donc un film très sympathique, qui cible soit la jeunesse étudiante
d'aujourd'hui, soit les ex-étudiants. Un bon divertissement de début d'été.
Mais Klapisch aurait pu être plus incisif par rapport à cette société
européenne. De ce côté-là, il reste un peu à distance de son sujet. Dommage.
Kader