LA PIANISTE (de Michael HANEKE)

Une professeur de piano vit chez sa mère possessive, qui ne laisse aucune
occasion à sa fille, qui a pourtant la quarantaine, de vivre sa vie. Alors pour
fuir son quotidien, notre professeur se réfugie dans ses fantasmes : elle
fréquente des sex-shops ou autres endroits lugubres, où elle cherche le
plaisir solitaire. Mais un jour qu'elle joue dans un récital, un beau jeune
homme la remarque et veut la séduire. Alors, se servant de ce jeune homme,
elle va tenter de répondre à ses frustrations...

Michael Haneke, comme à son habitude (on se souvient de son FUNNY
GAMES), ne nous épargne pas les scènes crues : vomissement après une...
fellation, mutilation sexuelle, viol,... Mais, malgré le malaise ressenti, le film
de Haneke a des choses à nous dire : le déséquilibre affectif de notre
pianiste qui la mène à son autodestruction est dangereux et peut détruire les
autres. Ce qui la rend si dur avec les autres, c'est son manque (ou absence)
d'amour. Quand le jeune homme lui propose justement de l'aimer, elle
refuse, mais veut l'utiliser de manière égoïste, car elle est devenue comme
ça. Elle ne sait pas donner d'affection, ou plutôt son don d'affection passe
par la violence, la destruction des autres. Bien sûr, la responsabilité de la
mère est clairement mise en évidence. Formidable Isabelle Huppert, qui
tient remarquablement ce rôle difficile ! Et coup de chapeau à Haneke de ne
pas faire de la routine (et c'est un euphémisme) !

Abdelkader