Enrique Goded est cinéaste. Il reçoit la visite d'un de ses
anciens camarades de classe, qui lui demande s'il peut le
faire tourner dans un de ses films. Alors Enrique se
souvient : l'école religieuse où ils étaient ensemble, les
attouchements de Père Manolo, et surtout tout ce passé qui
va conduire au drame...

"Un nouveau chapitre dans la saga Almodovar ! Dès le
générique reconnaissable entre tous : collages stylisés,
papiers déchirés dévoilant les noms... nous revoici dans
son univers ! La première partie est un pur bonheur visuel
qui rappelle ce qui a fait la gloire du réalisateur. L'histoire
est extrêmement tordue et se lit à plusieurs niveaux. On
pourrait la dire tarantinesque tellement Tarantino est proche
d'Almodovar dans sa manière d'envisager le cinéma : récits
proliférants, histoires à tiroirs, amour pour la musique qui
accompagne les rebondissements de l'histoire, audaces
narratives imprévues, cinéphilie utilisée pour faire quelque
chose de très personnel . Gael Garcia Bernal est
époustouflant, loin de ses rôles dans "Amours
chiennes","Y tu mama tambien" et "Sans nouvelles de
Dieu",en prostitué ! Il est aussi beau en homme qu'en
femme ! Almodovar disait de son personnage dans
"Première" qu'il avait les yeux de Marie Trintignant et la
bouche de Julia Roberts. Et c'est vrai ! On dirait par
moments le personnage de Julia dans "Pretty Woman"!
Fele Martinez (révélé par Alejandro Aménabar dans "Tesis"
et déjà présent dans "Parle avec elle", l'avant-dernier opus
d'Almodovar, en amant qui retrécissait) est solaire en
réalisateur au corps parfait et aux paupières fardées,
Movida oblige, pendant d'Almodovar qui a été une figure
de la Movida madrilène et par la manière d'inventer des
histoires à partir de faits divers. Les femmes ont disparu de
son univers depuis "Parle avec elle" où elles étaient dans le
coma et avec elles, cet espoir qui transparaissait sur la
pellicule et qui nous donnait de l'allant:"Tout sur ma
mère","Kika","Talons aiguilles","Qu'est-ce-que j'ai fait
pour mériter çà ?"... Cette époque semble révolue et c'est
avec nostalgie qu'on a revu les Almodovar girls à
l'Ouverture du Festival de Cannes ! On ne peut plus
compter sur Almodovar pour nous empêcher de se
suicider car c'est devenu vénéneux mais c'est un bien beau
poison ! Un film noir ! ".
cinephil auteur-20/5