Les films de Claude Chabrol se suivent...et se ressemblent. Avec
"La Fleur du Mal", tous les ingrédients de la "cuisine"
chabrolienne se retrouvent: une petite ville de province-en gironde,
comme souvent-un milieu bourgeois et un secret de famille,
lourdement gardé. Jusque là, rien que de très familier à l'univers de
Claude Chabrol. Heureusement, l'interprétation des acteurs est là
pour "rehausser" la sauce. En campant une candidate aux élections
municipales-inspirée selon Chabrol de Michèle Alliot-Marie-
Nathalie Baye joue un vrai role de composition. Flanquée de son
fidèle second de liste, Thomas Chabrol-l'un des deux fils du
metteur en scène-la candidate Anne Charpin-Vasseur mène sa
campagne tambours battants, se montre aux cocktails et fait du
porte-à-porte dans les hlm. Et pendant que Madame part à la
chasse aux voix, Monsieur-Bernard Lecoq- court le jupon.
Tout le monde semble dupe, sauf sa mère magistralement
interprétée par une Suzanne Flon au sommet de l art...
C' est l'arrivée d'un tract anonyme dénonçant la propre famille
d'Anne Charpin-Vasseur qui bouleversera l'ordre établi de cette
famille apparemment bien sous tous rapports. Comme toujours
avec Claude Chabrol, le ton est feutré. On se sourit, mais on n'en
passe pas moins. Ici, plus que jamais, les apparences sont
trompeuses. Les relations inter familiales ne sont pas toujours tres
claires non plus. Telles les retrouvailles entre Benoit Magimel et
Mélanie Doutey. Cousin, cousine? ou garçon et fille? A savourer
en tous cas l'échange de baisers-plutôt d'effleurements de lèvres-
filmé en gros plan, d'une sensualité rare...
Pour son dernier film, Claude Chabrol ravira sûrement tous ses
inconditionnels. "La Fleur du Mal" manquait peut être juste un peu
d'épines...
laurent 3/3/2003(auteur)