Bruce Banner, brillant scientifique, travaille sur le moyen de
cicatriser rapidement les plaies. Il est aidé dans son laboratoire par
(la belle) Betty Ross, dont le père est un haut gradé de l'armée
américaine. Or voilà que les militaires veulent s'approprier le projet
de Bruce. D'autre part le père de Bruce, qu'il croyait mort,
ressurgit. Il tente de reprendre contact avec son fils, mais Bruce
refuse. Alors que Bruce fait une expérience, il est accidentellement
soumis à une forte radiation de rayons Gamma. Il réussit à
survivre. Betty trouve cela bizarre. Quel secret se cache dans le
passé de Bruce ? Surtout que, suite à cet incident, quand Bruce
ressent une forte émotion, il se transforme en espèce de monstre
verdâtre...

Plus qu'un film de super-héros, c'est surtout un film d'Ang Lee.
En effet, le couple Bruce/Betty n'est pas sans rappeler celui
interprété par Chow Yun-Fat et Michelle Yeoh dans "Tigre et
Dragon" : la relation entre les deux personnages principaux aurait
dû se transformer en histoire d'amour, mais ce ne sera pas le cas.
La scène où Bruce transformé en Hulk sauve Betty des chiens qui
veulent la dévorer peut rappeler le fameux conte "La belle et la
bête". Hormis ça, le film déconcerte par sa complexité. Betty
(Jennifer Connelly, tout en retenue) a des problèmes avec son
père. Or elle devra lui demander de l'aide. Bruce Banner (Eric
Bana, sobre) va apprendre que son père est vivant. Pourtant, les
retrouvailles ne se feront pas. La folie guette sans arrêt notre
héros, conditionné par son passé. Finalement, il devra combattre
son père pour exorciser son pesant passé. Quant aux militaires, ils
apparaissent comme ceux qui cherchent la rentabilité à tout prix,
sans scrupules, sans sentiments. Toute cette armada aux trousses
de notre Hulk dans le désert peut étrangement ressembler à l'armée
américaine en Afghanistan ou en Irak. La couleur du monstre évite
toute interprétation raciale (il peut éventuellement rappeler King-
Kong). Le film d'Ang Lee ne manque pas d'émotion, mais il aurait
pu aller plus loin encore. En revanche, pas de sensualité. On peut
dire que "Hulk" est un film moins populaire et plus adulte que
"Spiderman", mais voulant tout de même rester accessible à ceux
qui veulent voir des effets spéciaux et de la bagarre, le film fait des
compromis qui nuisent à l'ensemble. Malgré tout, c'est un grand
film.

Kader (auteur ; 07/07/2003)