Will vit à Londres. Il a la trentaine, célibataire, et ne fait rien. En
effet, il gagne sa vie grâce à l'argent qu'on lui verse pour un tube que
son père a composé et qui ressort à chaque fête de Noël. Il croit
pouvoir assumer cette vie qu'il croit tranquille, avec parfois une petite
amie de passage qu'il laisse vite tomber. Or un jour, il décide de se
mettre à séduire les femmes seules avec un enfant. Il s'invente alors
un fils imaginaire. Grâce à ce stratagème, il fait la connaissance de
Marcus, un jeune de 12 ans, tête de turc de son école, qui a une mère
suicidaire. Petit à petit, entre Will et Marcus s'installe une relation
complexe, qui va obliger Will à s'engager vis à vis des autres…

Voilà un film qui surprend parce qu'on ne sait pas où il va nous
mener. Et en fait, il nous mène bien vers une fin convenue, mais aussi
avec des éléments inattendus qui s'ajoutent. Ce qui fait la richesse de
ce film, c'est qu'il parvient à paraître réaliste de bout en bout. En
effet, pas de romantisme à l'eau de rose, pas de scènes larmoyantes,
mais l'histoire d'êtres humains qui nous ressemblent. Le personnage
principal ne veut pas donner de sens à sa vie, et il veut l'assumer.
Pourtant, les circonstances de la vie lui font vite comprendre qu'il ne
peut pas toujours se défiler, il faut qu'à un moment il s'implique
davantage. Et il faut aussi qu'il accepte de changer. On comprend
alors que ce que veut montrer le film, c'est comment un homme
apparemment mûr et responsable est en fait tout le contraire, et
comment il va devenir vraiment adulte. Coup de chapeau à Hugh
Grant qui tient, ici, un rôle plus élaboré que d'habitude. Le jeune qui
joue Marcus est très bon aussi. Enfin on
pourra aussi apprécier une bande originale sympa.

Abdelkader (comédie ; 29/11/2003)