Sandrine qui travaille dans une boîte de nuit, style "peep show", est fascnée
par la beauté de Nathalie, qui danse nue dans cette boîte, devant des clients
hypnotisés. Or elles se font virer le même soir de la boîte pour n'avoir pas
accepté un "extra" de la part du patron. Sandrine se retrouve alors à la rue.
Mais Nathalie décide d'héberger Sandrine le temps qu'elle puisse stabiliser sa
situation. Ayant du mal à retrouver un travail elles décident ensemble de
postuler dans la même grosse entreprise, en s'habillant de manière à se faire
remarquer pendant l'entretien. Et ça marche. Elles rentrent dans une grosse
boîte, à des postes assez intéressants. D'abord sérieuses, ce qui favorise
leur rapide ascension, elles prennent la décision de séduire chacune des
cadres à des hauts postes hiérarchiques. Mais Sandrine veut viser plus haut
encore : séduire le fils du PDG, l'énigmatique Christophe, que Nathalie
convoite aussi...

Bien mieux que ce que je m'attendais. Même si l'interprétation et l'ambiance
sentent l'amateurisme, l'essentiel est ailleurs : les rapports ambigus qui se
nouent entre les personnes assoiffées d'ascension sociale (Sandrine et
Nathalie) ou de pouvoir (Christophe). Ici le sexe et le plaisir prennent une
place très importante. La dernière partie du film nous révèle justement toute
la partie sombre du personnage de Christophe : il n'attend rien de la vie,
sinon le décès de son père pour pouvoir hériter de tout. Il ne veut ni aimer,
ni être aimé, quitte à faire souffrir les autres. Il a en plus des rapports
incestueux avec sa soeur, mais il s'en fiche. Au moment du mariage, il
organise une vaste orgie, genre Sodome et Gomorrhe. Pour lui, la vie n'est
que vanité. Jean-Claude Brisseau accompagne tout le long de son film les
personnages avec un ange de la mort, nous préparant à une issue fatale.
Quant à Sandrine et Nathalie, elles ne sont pas mieux que Christophe :
Sandrine qui ne veut pas se laisser aimer par son responsable qu'elle a
sciemment séduit ; Nathalie, qui refuse l'attachement. Avec Christophe, elles
trouvent plus fort qu'elles. Elles ne lui arrivent pas à la cheville. Pour Jean-
Claude Brisseau, Christophe pourrait être une représentation du diable sur
terre. Le film est accompagné d'une musique qui crée souvent un climat
mystique. Donc un film intéressant, qui montre avec quelles facilités on peut
se laisser aller à des comportements moralement répréhensibles, car il est
malheureusement très difficile de se maîtriser devant la tentation. Attention :
certaines scènes sont assez crues (amour lesbien, partouze, triolisme,
inceste, etc.).
Abdelkader (drame/auteur ; 28/12/2003)