L'ascension de Cassius Clay Jr. du début des années 60, au
moment où il remporte une médaille d'or aux Jeux
Olympiques, jusqu'en 1974, où il combat George Foreman
à Kinshasa au Zaïre, afin de reconquérir son titre de
champion du monde... On ne peut s'empêcher de se
rappeler "When we were kings" de Leon Gast,
documentaire de 1996 qui parlait déjà du face à face Ali-
Foreman à Kinshasa. Le film de Michael Mann ne manque
certes pas d'intérêt. On y voit l'amitié qu'Ali avait liée avec
Malcolm X, le contexte historique et social de son
ascension, avec le Vietnam et le problème de la population
noire d'un côté, et les difficultés qu'il a rencontrées avec la
société américaine de l'époque d'un autre côté. En
revanche, l'aspect religieux n'est qu'effleuré. Will Smith
essaie d'apporter tout son savoir-faire pour rendre crédible
son personnage. Et il y parvient. Nul doute qu'il espérait,
grâce à son interprétation, remporter l'oscar (qui fut
finalement remporté par Denzel Washington). Sur le plan
du fond, Michael Mann s'est seulement intéressé à la partie
glorieuse de la vie du personnage, même s'il souligne son
intérêt pour les femmes. Il laisse délibérément de côté le
déclin et la chute. Alors on peut légitimement se demander
pourquoi. A-t-il voulu faire d'Ali un modèle à suivre ? Ou
cherchait-il à montrer que les noirs avaient de solides
engagements malgré les discriminations dont ils étaient
victimes ? Sur le plan de la forme, la mise en scène de
Mann est, comme toujours, brillante (on se souvient de "the
insider" ou "Heat").
Kader (30/1/3)